écrit par JYC en Mars 1996.
Que vive Calypso !
Je m'éveille en sursaut, croyant entendre les craquements - plutôt les gémissements - de Calypso, écrasée par une barge, aux confins de la mer de Chine... et je ne peux rien pour elle ! Cet appel au secours, c'est une plainte humaine qui, désormais, hantera mes nuits.
Calypso, ma compagne des 45 plus belles années de ma vie, toi qui as pris tous les risques de cyclones et d'ouragans, toi qui as délivré, aux indiscrets que nous sommes, des visas pour les contrées interdites et qui as révélé aux nouveaux venus des océans de vie exigeants et fragiles, toi, ma nymphe associée pour toujours aux humains de bonne volonté, nous allons tout faire pour te rendre à la Vie. Lancement des moteurs, premier appareillage, fière joie contenue, premier mauvais temps, première plongée en mer Rouge, premier requin, première baleine, escortes de dauphins, fleuves-racines de la Mer, tragédies, désespoirs, reprises de la Foi, rencontre de civilisations oubliées, de peuples en perdition, de misères et d'affluence, de spectacles inattendus et d'enthousiasmes parfois naïfs, mais toujours vainqueurs... Tu as fait cadeau du monde à notre Equipe, et, pour partager ce privilège, tu as invité à l'éblouissant festin des millions de téléspectateurs. Calypso, nous allons panser tes blessures, pour te permettre de contribuer toujours à la conquête de la Connaissance, en t'adressant désormais aux étudiants.
Le généreux mécène à qui nous devons, toi et moi, ces merveilleuses aventures, n'est plus parmi nous. En ce jour de deuil, Calypso, adressons ensemble notre immense gratitude à Loël Guiness.